NON AU 3e MANDAT DE OUATTARA

Panel : Violations des Constitutions et crises électorales en Afrique. Cas de la Côte d’Ivoire
Contexte et justification

Le 6 août 2020, veille de la commémoration du 60e anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, le Chef de l’Etat ivoirien, M. Alassane Dramane Ouattara, a annoncé sa volonté de briguer un 3e mandat, alors que la Constitution ivoirienne n’en prescrit que deux. Le président Ouattara avait, lui-même, déclaré en mars 2020, qu’il ne serait pas candidat à sa propre succession. Il explique son revirement actuel par le vide qu’a laissé le décès de son dauphin, l’ex-premier Ministre Amadou Gon Coulibaly.

Aussitôt, à l’appel des jeunesses des partis d’opposition et de la société civile, des manifestations de protestation ont éclaté dans tout le pays de même qu’au sein de la diaspora ivoirienne, pour dire non à ce 3e mandat jugé anticonstitutionnel. Ces marches pacifiques se sont heurtées à l’intransigeance du gouvernement qui a pris un décret d’interdiction et lancé à l’encontre des manifestants, les forces de sécurité appuyées par des milices armées, selon un rapport d’Amnesty International. Le bilan officiel de ces affrontements fait état d’une dizaine de morts, la destruction de biens publics et privés et des emprisonnements. Le contexte politique s’est également crispé autour du refus des autorités ivoiriennes de favoriser le retour du Président Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire. La Commission Electorale Indépendante et l’autorité judiciaire viennent de le rayer définitivement de la liste électorale. Il en est de même pour les autres leaders de l’opposition exilés en Europe.

Dans ce contexte de crise pré-électorale ouverte, il ne faut pas non plus occulter l’équation française. Que va dire le président Emmanuel Macron de ce rétropédalage du Chef de l’Etat ivoirien, lui qui avait « salué cette décision historique d’un homme de parole et d’un homme d’État », lorsque M. Ouattara avait annoncé son retrait de la course à l’élection d’octobre 2020 ? La décision d’Alassane Ouattara de briguer un troisième mandat ne rassure-t-elle pas, en définitive, Paris qui pourrait craindre qu’un changement d’acteur politique à la tête de la Côte d’Ivoire ne mette en péril ses intérêts et la stabilité de la sous-région?
Le panel s’organisera autour des points suivants :
– en quoi la 3e candidature de M. Ouattara viole-t-elle les dispositions constitutionnelles de la Côte d’Ivoire ?
– comment le non-respect de la Loi fondamentale est-il susceptible de générer une crise pré-électorale aux conséquences dramatiques ?
– Comment obtenir des élections transparentes, inclusives et apaisées ?
– La France adoubera-t-elle le candidat du 3e mandat au nom de ses intérêts ou gardera- t-elle une posture de neutralité ?
– Comment mobiliser et sensibiliser l’opinion générale afin d’éviter à la Côte d’Ivoire de replonger dans la guerre civile ?

Communications

1- Changements anticonstitutionnels et résistances populaires : cas de la Côte d’Ivoire et de la Guinée
Intervenant : Dr Mohamed AMARA, Sociologue, Enseignant-chercheur à l’Université des Lettres et des Sciences Humaines de Bamako, Chercheur au Centre Max Weber de l’Université Lyon 2, Ecrivain-essayiste

2- De l’impératif d’une présidentielle transparente et inclusive pour la paix sociale en Côte d’Ivoire
Intervenante : Mme Clotilde OHOUOCHI, Ancienne Ministre de Côte d’Ivoire

3- Crise électorale en Côte d’Ivoire : vers une autre ingérence française ? Intervenant: Jean-Jacques GUIGON, Animateur de l’activité « Europe/International » du Comité Régional CGT Rhône-Alpes, Représentant de la Plateforme Française Dette et Développement dans le C2D Congo, Membre élu du Comité de Pilotage du PCPA Guinée, Conseiller technique « Afrique » du secteur « International » de la CGT

Date : samedi 12 septembre 2020
Lieu : LYON – 1, Rue du 35e Régiment d’Aviation 69 500 Bron
Tranche horaire : 15h-18h

Clotilde Ohouochi

admin

Rédacteur principal en chef de cotedivoire.net

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